People & Baby

10 ans ça se fête !

Contre le patronat, on n’oublie pas !

« Ça va prendre de l’ampleur, c’est que l’début », ces mots samplés à la fin de « Pour qui sonne le dub » avaient été prononcés par Sophie, syndicaliste CNT à l’adresse du patron de People and Baby, il y a 10 ans, au cours de l’occupation du siège de l’entreprise dans les beaux quartiers, pour dénoncer la répression syndicale et la privatisation de la petite enfance. Cette lutte restera gravée dans nos mémoires comme un beau moment de solidarité interprofessionnelle et de lutte des classes !

==> Communiqué de la CNT

PEOPLE & BABY : 10 ANS ÇA SE FÊTE, CONTRE LE PATRONAT ON N’OUBLIE PAS !

Il y a 10 ans jour pour jour, la section CNT Petite enfance en lutte occupait jour et nuit les locaux de l’entreprise People & Baby dans les quartiers bourgeois du VIIIe arrondissement avec les camarades de la confédération et les parents de la crèche Giono.

Révoltées par les réponses de la direction suite à leur grève (mises à pied puis licenciements abusifs), les travailleuses ont mené l’occupation pour obtenir leur réintégration et de meilleures conditions de travail. Elles dénonçaient également la privatisation de la petite enfance menée par la Ville de Paris.

Comme réponse, la direction de People & Baby confirma les licenciements malgré les objections de l’Inspection et du Ministère du Travail ; l’intégralité de la section syndicale CNT fut donc licenciée, en dépit de tout respect du code du travail. Finalement, People & Baby a été condamnée des années plus tard par le Tribunal des Prud’hommes à verser des indemnités financières aux professionnelles licenciées abusivement.

Malgré les longues années à attendre que la justice rende raison aux travailleuses, la lutte menée laissera un souvenir impérissable et restera un bel exemple de solidarité interprofessionnelle et de lutte des classes.

Aujourd’hui, la crise sanitaire que nous vivons montre que les revendications portées alors par la section syndicale sont d’autant plus d’actualité. Il faut pouvoir accueillir les jeunes enfants dans de bonnes conditions sanitaires, ce qui nécessite des locaux adaptés et un nombre de professionnelles conséquent pour pouvoir répondre à leurs besoins psychiques et physiologiques fondamentaux. Ces besoins sont absolument incompatibles avec une gestion libérale et marchande.

Cela implique de reconnaître l’importance des travailleuses de la petite enfance, souvent méprisées, dans leur accompagnement du jeune enfant et de sa famille. Nous ne faisons pas seulement de la « garderie » mais avons une véritable réflexion et des pratiques sur le terrain, avec les différents corps de métiers (auxiliaires, CAP, infirmières, psychomotriciennes, éducatrices de jeunes enfants, médecins, …) pour l’émancipation et l’autonomie des enfants.

PAR LE PASSÉ NOUS N’AVONS RIEN LÂCHÉ, GRÂCE À LA FORCE DU SYNDICAT. ORGANISONS-NOUS, NE NOUS LAISSONS PLUS FAIRE !